PROCÈS HABRE : Gustave Kam, Président de la Chambre Extraordinaire d’Assises déclare au Président du Faso : "Ma mission est accomplie !"

Après la lecture du verdict, le Président Kam de la Chambre d’assises s’est envolé pour le Burkina Faso. Le 21 juin 2016, il a été reçu par le Président du Burkina Faso M. Kaboré.

A sa sortie d’audience, le Président Kam a expliqué, être venu rendre compte au Président Kaboré de sa mission, qu’il considère comme désormais accomplie.

Ces propos très équivoques du Président de la Chambre extraordinaire d’assises suscitent beaucoup d’interrogations.

Tout d’abord, il est très étonnant de voir le Président de la Chambre d’assises extraordinaire aller rendre compte de sa mission au Président du Burkuna Faso. En quoi celui-ci est-il concerné par le Procès Habré ?

Ensuite, voilà donc le juge d’une juridiction soi-disant internationale, choisi après un appel d’offres international, selon la légende de HRW, et dévoilé à l’opinion internationale comme tel, qui trouve la nécessité pour ne pas dire l’obligation d’aller rendre compte au Président du Burkina Faso, son pays d’origine, sitôt le verdict lu et alors même qu’à ce jour, l’arrêt n’a toujours pas été rédigé et livré aux différentes parties.
Le Président du Burkina a-t-il été utilisé pour confier une mission à Kam Gberdoa, ce qui expliquerait pourquoi, il se soit précipité pour lui rendre compte, une fois le travail accompli ?

En outre, quelle consternation d’entendre le Président de la Chambre extraordinaire d’assises parler de "mission accomplie" ?
Mission accomplie ? Cela laisse supposer l’existence d’un contrat à exécuter, et M. Gberdoa Kam a, en quelque sorte, levé le voile sur le sens de sa mission.

Après avoir lu un verdict condamnant à perpétuité le Président Habré, le juge Gberdoa Kam a estimé sa mission accomplie et est allé même recevoir des félicitations. Comment le comprendre alors que le processus judiciaire n’est pas fini ?

Gustave Gberdoa Kam, par son attitude, a signifié clairement que la procédure judiciaire à venir ne pouvait remettre en cause les choses, la messe étant dite et la mission accomplie. Il en sait quelque chose lui qui a déjà entamé sa tournée, commencée, il est vrai par Bruxelles, quelques jours avant le verdict, et bouclée avec son compte rendu à la présidence burkinabé.

Gberdao Kam ne peut raisonnablement aller chercher des félicitations, si l’appel prévu et réglementé par les différents acteurs-bailleurs-commanditaires du procès pouvait bouleverser les choses, comme on est en droit d’espérer dans tout processus judiciaire normal. C’est parce qu’il sait parfaitement que tout n’est que sinistre comédie, qu’il a - sans attendre la fin réelle de sa mission, officiellement, annoncée pour le 31 juillet 2016, après la décision sur l’action civile- fait cette sortie. Sans s’arrêter sur des détails, dans la mesure où la mission essentielle à savoir la condamnation à la peine de perpétuité est bouclée, il est allé informer et récolter les fruits promis.
Force est de constater que plus personne dans ce tribunal de la honte n’a peur de se compromettre. Jour après jour, les scandales éclatent et les éclaboussent à tour de rôle.