Mahamat Saleh Haroun : Une imposture françafricaine.

Les médias françafricains ont annoncé la présentation d’un film du "cinéaste" tchadien Mahamat Saleh Haroun produit par la francophonie et la coopération française sur l’affaire Hissein Habré avec, bien sûr, l’encadrement de HRW.

Depuis le lancement de l’affaire Hissein Habré, c’est le quatrième film-documentaire à charge réalisé par HRW et ses recrues. Manifestement, il y a, comme qui dirait un flop à chaque production et l’on pense pouvoir y remédier en commandant un nouveau film et ainsi de suite. Les échecs se suivent et se ressemblent.

Que sait-on de l’homme ?

Mahamat Saleh Haroun a quitté le Tchad en pleine guerre 1979-1980 pour s’installer à Bordeaux où pendant longtemps, il a vécu de petits boulots, il faisait croire aux gens qu’il était Martiniquais !!!

Tirant le diable par la queue, il n’a jamais pu produire le moindre documentaire sur le Tchad. Puis, il se coula dans le moule de la justice pénale internationale et avec l’aide de la coopération française, réalisa un film "Un homme qui crie", reçut un prix à Cannes pour faire la promotion de la justice pénale internationale. Quoi de mieux, quand on sait que c’est un bon nègre qui porte le message dans un continent où les critiques ne manquent pas contre la sélectivité de cette justice internationale.
On se rappelle que Mahamat Saleh Haroun avait pris la grosse tête après sa récompense à Cannes et annonça qu’il allait réaliser un film sur le trafic des déchets toxiques en direction de l’Afrique à travers l’exemple de cette affaire qui s’est passée en Côte d’Ivoire. On attend toujours ! Qui va-t-il trouver pour financer son film ? A t-il seulement du talent ?

Errance totale, pilotage à vue, aucune inspiration, production zéro. Résultat : retour à la case départ, on prend les mêmes et on recommence. HRW à la barre, la francophonie et la coopération française à la caisse, Mahamat Saleh Haroun comme nègre de service et l’affaire Habré au menu. Cocktail françafricain garanti et un petit cadeau d’Idriss DEBY. Rappelons que Mahamat Saleh Haroun a ses entrées au Palais Rose et se déclare proche de Deby.

Par rapport au procès Habré, Mahamat Saleh Haroun a débarqué à Dakar à la tête de la délégation tchadienne avec caméras et reporters de la télévision tchadienne.

Deux jours avant l’ouverture du procès prévue pour le 20 juillet 2016, il planta les caméras de la Télé-Tchad dans la salle d’audience du palais de justice de Dakar, se préparant à filmer le procès. Il se pavana devant la presse pour annoncer qu’il allait faire un film sur cette affaire. Quelques minutes passèrent, puis des journalistes de la télévision sénégalaise demandèrent à Mahamat Saleh Haroun de plier bagages et de quitter la salle avec son équipe.

Grosse engueulade, empoignade et bousculade entre journalistes tchadiens et sénégalais. Mahamat S Haroun s’écria : "Nous ne quitterons jamais cette salle, non seulement, c’est notre histoire, mais c’est aussi, nous qui finançons tout." Réponse des représentants de la télévision sénégalaise : "On s’en fout, c’est nous qui avons un contrat avec les CAE. Va changer les choses si tu peux et reviens. Sinon dégage ou bien, les gendarmes vont vous évacuer.".

La tension grimpe, des coups de téléphone circulent et Idriss DEBY est informé. Ordre est donné au Ministre Hassan Sylla Bakari d’évacuer la troupe de Mahamat Saleh Haroun, illico presto sur Ndjaména. C’est ainsi que l’avion qui les avait emmenés à Dakar les ramena le soir même à Ndjaména, totalement désenchantés. Mahamat Saleh Haroun quitta la croisette dakaroise mais aussi le procès "historique", laissa son "histoire" à d’autres ; tout comme il le fit trente années auparavant, il abandonna son pays en détresse pour se planquer ailleurs.

Ceci pour expliquer que notre fameux cinéaste n’est plus revenu à Dakar et n’a pas assisté à une seule heure d’audience de ce soi-disant procès historique.

Sans avoir assisté au procès, il a réussi à faire un documentaire. Disons plutôt que la logistique HRW a fait le boulot. Lui était la marionnette de service.

Histoire d’une imposture françafricaine : le titre de son film est copié du livre de TZVETAN TODOROV intitulé "Une tragédie française" qui parle d’une période peu glorieuse de la France après 1944, de cette guerre impitoyable opposant les Français aux Français.

Imposture aussi quand on sait que Mahamat Saleh Haroun ne connait rien du régime de Hissien Habré sinon ce que lui auront raconté ses parents et amis comme il le dira lui-même.

Or, il est intéressant de savoir que son entourage s’est positionné aux côtés de la Libye en militant au sein du GUNT de Goukouni Weddeye. Ceux qui ont vendu leur pays à la Libye, les collabos, ceux qui voulaient faire disparaître le Tchad et les Tchadiens étaient l’entourage du cinéaste. Un jour, nous racontera t-il cette tragédie ?

Est-ce étonnant qu’il ait copié le titre d’un ouvrage qui parle justement de cette période noire de la France occupée par les Allemands ou une grande partie des Français avait choisi de collaborer avec l’ennemi occupant.
Pendant que les jeunes de son âge tombaient sur les champs de combat pour libérer leur pays de la folie de Khadafi, lui vivait sa petite vie de martiniquais à Bordeaux, loin des obus, des bombes, des camps de réfugiés, loin des retards scolaires. Le Tchad était bien loin de ses préoccupations. Il ne pourra jamais faire un film digne de ce nom sur le Tchad.

Aujourd’hui, tout autour du pouvoir d’Idriss DEBY sont positionnés les anciens du GUNT, ceux qui ont perdu la guerre, qui ruminent leur haine car définitivement vomis et marqués à jamais au fer rouge par leur trahison et leur collaboration. Trente ans plus tard, aucun d’eux n’a pu émerger sur la scène politique. Ceux qui ont trahi leur pays et leur peuple ne pourront jamais effacer cette trahison et leur histoire commencera toujours par leur forfaiture.

Alors que leur reste-t-il ? Réécrire l’histoire, la falsifier pour espérer exister.
Le Président Hissein Habré a toujours été un fonds de commerce pour de nombreuses personnes, qu’un pseudo cinéaste opportuniste se prête au jeu des Occidentaux, quoi d’étonnant. Peut-il exister autrement ? Pour cela, il faut travailler durement. En revanche, c’est si facile d’être tout simplement un petit doungourou.

Rappelons, un autre cas illustrant bien, l’attitude de pur maslaha qui consiste à faire un film sur le tempo des Occidentaux ; ainsi, on a eu le film "Timbouktou" de Abdouramane Cissako, un film raciste sur les événements au Mali, les djihâdistes, les Touaregs et les populations noires. Ce film raciste a été primé, on ne sait combien de fois. Il tendait à faire croire que les Touaregs étaient contre les djihâdistes, qu’ils ont lutté contre eux, et en ont même été des victimes. Les populations noires étaient passives, soumises et se positionnaient contre les Touaregs plutôt que de lutter contre les djihâdistes. Ce cinéaste, plus acclamé que Mahamat Saleh Haroun est toutefois son alter ego, embarqué, lui aussi, dans la falsification de l’histoire des événements douloureux que son pays a connu. Deux soi-disant cinéastes engagés et enrôlés pour mener des combats politiques en faveur d’un système qui est la cause de tous les maux du Continent.

Selon certaines indiscrétions, Mahamat Saleh Haroun a entrepris de nouvelles démarches à Cannes. Il veut faire un film racontant l’histoire d’ un jeune homosexuel tchadien vivant au Tchad et ne pouvant vivre au grand jour son homosexualité et son amour pour un autre ; il est traqué par la société tchadienne, la police des mœurs etc. Le superbe filon pour être dans les bonnes grâces des Occidentaux, des lobbies gais, et avoir de l’argent pour son film et des prix à gogos.

Mahamat Saleh Haroun a déjà des propositions. Ne dit-on pas que le bon nègre est celui qui devine les désirs de son Maître avant que celui-ci ne les ait exprimés. Le documentaire a été projeté au Tchad, au cinéma "le Normandie" le 6 mai 2016, Mahamat S Haroun a prétendu donner la parole aux "victimes" et que celles-ci n’ont cessé de le remercier. La belle blague, on se demande d’où il sort, quand on sait que depuis plus de 17 ans, il y a plusieurs associations regroupant les plaignants, qu’ils ont circulé dans le monde entier avec HRW, tenues des points de presse, des interviews, participé à 3 films documentaires, à certains, les spécialistes de HRW leur ont même écrit des livres. Dès lors prétendre comme le fait Mahamat S Haroun, être celui qui a permis aux plaignants de s’exprimer, c’est chercher désespérément une raison à son navet.

Autre chose, faire un documentaire dont le seul but est la compilation d’histoires racontées sans vérifications, d’histoires où la personne qui parle, est toujours par hypothèse innocente, n’a jamais rien fait. L’ennui pour Mahamat S Haroun, c’est que ces personnes ont eu accès à un juge et ont parlé devant un tribunal et tous les gens qui les ont suivis, ont pris conscience que loin d’être des personnes innocentes, elles étaient des personnes engagées politiquement contre le régime du Président Habré.
Que seraient-elles devenues si ce procès avait été un vrai procès avec des magistrats intègres, enquêtant à charge et à décharge sur leur histoire, sur leur crédibilité, citant des témoins à charge et à décharge. Que leur serait-il arrivé, si le procès avait été un procès juste et équitable dans un véritable État de droit ? Toutes ces personnes auraient été démasquées publiquement, tout simplement.

Faut-il s’étonner qu’un faux procès ait pu être organisé et soit utilisé comme prétexte pour liquider le Président Habré, dans ce monde tel qu’il fonctionne depuis plusieurs années ?

Non ! Le système dominant a détruit des pays entiers, les a ramenés à l’âge de la pierre taillée et entraîné la mort de millions de personnes, sur des mensonges d’Etat, sur des fausses accusations. La question des droits de l’homme n’a jamais été une préoccupation pour tous ceux qui se mobilisent aujourd’hui contre le Président Habré. La violence avec laquelle les migrants africains sont rejetés, maltraités, tués en haute mer, coulés ou abandonnés sans secours démontrent, s’il le fallait, que le sort des africains n’a jamais ému ni les ONG, ni les médias francafricains qui hurlent contre le Président Habré. Aujourd’hui, les mères africaines de jeunes enfants violés par les militaires français, pakistanais et autres sous bannière de l’ONU attendent que la parole de leurs jeunes enfants violés, torturés et victimes de pédophiles bénéficiant de la protection de l’ONU, soit, elle aussi portée à l’écran et que justice leur soit rendue.