CHRONIQUE D’INJUSTICE :JOUR 13

La thèse de la répression ethnique des Hadjaraï s’effondre définitivement en pleine audience, ou
les mensonges de l’association contre nature Mbacke Fall/Brody mis à nue……
Déjà mis à mal ces trois dernières semaines, la thèse de l’accusation relative à la répression des Hadjaraî n’aura pas survécu à une confrontation pourtant sommaire et superficielle des faits.
Malgré quelques bienveillances inacceptables du Président Kam en faveur des témoins de l’accusation dès qu’ils sont mis un tant soit peu en difficultés, aucune des personnes entendues depuis deux jours n’aura pu confirmer leurs déclarations tonitruantes faites devant les Juges de Déby lors des commissions rogatoires des Juges des CAE à Njamena, d’ailleurs en leur absence ! On se demande bien d’ailleurs où étaient ces juges sénégalais lors de ces auditions, eux dont la mission étaient pourtant d’en vérifier la crédibilité.
Au demeurant, il ne reste rien des accusations grossièrement portées récemment, sous la pression de Human Rights Watch, par ces faiseurs d’histoire, à l’encontre du Président Habré, soit comme supérieur hiérarchique, soit comme acteurs directs des actes reprochés !
Il ne vous reste Monsieur Kam qu’à tirer les conséquences d’un dossier, d’un faux dossier fabriqué à N’Djamena par Déby et consorts…étaient ce là d’ailleurs les irrégularités que vous évoquiez devant le Président Habré et Maître Diawara lors de l’interrogatoire d’identité de l’accusé ? Il est temps pour vous d’en tirer les conséquences ! Car si vous condamnez à 5 mois de prison le jeune homme qui trouble votre audience, à combien estimez vous la peine de celui qui trouble la justice ?
Combien, au terme de ces deux jours d’audience, reste-t-il d’hommes, de l’ethnie Hadjaraï qui aurait eu à souffrir, parce qu’il était simplement Hadjaraï, d’actes dont la responsabilité pourrait être imputée au Président Hissein Habré pour confirmer la thèse d’une répression massive et systématique de populations civiles ? Quand certains de ces témoins ne pourront même confirmer leurs dires à savoir le fait d’avoir vu des tortures, des exécutions ou des charniers…..
De fait, nous savons aujourd’hui que « la moitié de l’armée était composée d’Hadjaraï », que le décès de Monsieur Miskine, l’un des hommes forts des Hadjaraï, faussement interprété, avait provoqué l’entrée en rébellion politique et militaire de personnalités importantes, pourtant fidèles du Président, que des réunions politiques, voire séditieuses, se sont tenues, provoquant des investigations tendant à la découverte de caches d’armes, que des combats ont eu lieu, des tentatives de coup d’Etat préparées, que ce sont dans certaines régions les responsables Hadjaraï eux-mêmes, fidèles du Président Habré, qui indiquaient ceux qui étaient entrés en rébellion et que ce n’étaient pas les Hadjaraï qui étaient visés mais les responsables et les proches de groupes rebelles.
Et aujourd’hui en ce jour 13, la litanie des mensonges fourbis devant les Juges de Déby en l’absence des magistrats sénégalais en villégiature au Tchad se poursuit.

Voilà qu ’Abgoudja Khamis ne peut plus confirmer l’exécution par les FANT de douze hommes enterrés, membres prétendus des CDR opposés au Président Hissein Habré ! Qui les a tués ? Qui sont-ils seulement ? Ces hommes en tenue militaires qui n’étaient pas des civils…. Alors que le témoin confirme au Parquet dépité qu’il ne peut évoquer d’autres décès dans la région de Mongo (Hadjaraï)….Un témoin qui n’a pas été le témoin de ces exactions, qui n’a pas pu dire l’origine ou le motif de ces prétendues exécutions !!
Un témoin qui, comme ceux d’hier, n’avaient jamais été entendu par une justice indépendante avant 2013 et ce, avant d’en parler…..en définitive….à Jacqueline Moudeyna la coordonnatrice des ONG !
Mais voilà que s’avance Gagolmo Daboubou qui vient immédiatement indiquer qu’il a été arrêté par des éléments de la DDS, alors qu’il n’avait impliqué que l’UNIR le parti au pouvoir lors de son audition à Njamena ! Encore un qui est briefé par les ONG, quand on sait que le Commissaire à la sécurité de l’UNIR était précisément Idriss Déby……Encore un qui ne pourra confirmer que les faits qu’il déplore ont été commis sur ordre du Président Hissein Habré.
Le dernier témoin à charge/partie civile, fils d’une personnalité politique importante de « l’ethnie Hadjaraï » apportera, bon gré mal gré, des précisions importantes sur la réalité de la situation politique et militaire de l’époque, une véritable poudrière, dans le contexte du décès d’un homme fort des Hadjaraï faussement imputé au Président Habré ! Témoin de réunions politiques où étaient présents des militaires en présence de son père décédé ultérieurement, de combats ayant opposé des rebelles des Clans Maldom/Godi (son père étant la façade politique de ces militaires) aux troupes gouvernementales !
Et pourtant, lui aussi après avoir battu en brèche, trois passages importants de ses déclarations devant le Juge belge, (au point de déclarer lesdites affirmations nulles !) dès lors obtenues on ne sait comment, viendra jeter une lourde pierre dans le jardin de l’accusation en soutenant que « l’ethnie Hadjaraï » n’existe pas (il s’agit en fait des hommes de la Montagne dira -t-il) alors que c’est là l’une des pierres angulaires de l’ordonnance de renvoi, et qu’il n’y a pas eu de planification, qu’il n’a pas davantage parlé d’exécutions sommaires, ni d’empoisonnement de Monsieur Miskine.
Oui bien sûr, ces hommes ont souffert, mais qui n’a pas souffert dans cette affaire, et qui peut prétendre n’avoir pas eu dans son camp des morts injustes, inutiles ?
Combien d’hommes ont souffert et sont morts pour réunir le Tchad, pour le libérer ?
Et qui peut aujourd’hui prétendre demander au peuple sénégalais, puisqu’après tout Monsieur Macky Sall la Justice est rendu en son nom, de tisser, sur ce lit de mensonges et d’injustices, le linceul de la mémoire tchadienne en choisissant ceux qui, parmi ses enfants, seraient des morts meilleurs que d’autres !
Autant choisir entre ceux qui sont morts à Valmy pour que vive la France et ceux qui préféraient l’Autriche Hongrie !

François SERRES