AFFAIRE HISSEIN HABRE : LE TCHAD REFUSE DE COLLABORER TANDIS QUE LE SENEGAL SE CACHE DERRIERE UN PARAVENT, LES CHAMBRES AFRICAINES EXTRAORDINAIRES LOUVOYENT ET DE S’APITOYENT

AFFAIRE HISSEIN HABRE : LE TCHAD REFUSE DE COLLABORER TANDIS QUE LE SENEGAL SE CACHE DERRIERE UN PARAVENT, LES CHAMBRES AFRICAINES EXTRAORDINAIRES LOUVOYENT ET DE S’APITOYENT

Entre l’Etat du Sénégal et celui du Tchad, autrement dit, entre Macky Sall et Idriss Deby Itno, il y a un accord sur le traitement de l’affaire Hissein Habré. Le premier a un grand besoin d’argent frais ; le second veut, à défaut de sa tête, le maintien en prison le plus longtemps possible de son prédécesseur et que lui-même soit absolument mis hors de cause. Bien entendu, il s’agit d’un gentleman agreement non écrit, comme cela se passe assez couramment sur le terrain des relations diplomatiques internationales.

En décidant de donner aux clauses de l’accord d’entraide judiciaire une interprétation lui permettant de refuser la remise de Saleh Younous et Mahamat Djibrine à la partie sénégalaise qui les réclamait, et en ignorant les commissions rogatoires des Chambres africaines extraordinaires, Idriss Deby en était arrivé à la conclusion que son partenaire a cessé de respecter pleinement les termes de l’arrangement convenu d’accord parties. En particulier, il semble considérer l’insistance que Dakar met à réclamer le transfèrement de ces deux personnes comme une trahison des assurances à lui données par la partie sénégalaise. Surtout que Saleh Younous et Mahamat Djibrine seraient susceptibles, une fois à Dakar, de le mettre directement en cause, lui qui coiffait les forces armées et tous les services de sécurité. D’où sa colère et sa demande d’être remboursé à hauteur de plusieurs centaines de millions de FCFA alloués aux magistrats des Chambres africaines extraordinaires.

Le Gouvernement sénégalais a, par le truchement de ses Chambres africaines extraordinaires, répliqué en reprochant à son partenaire - jusque-là très courtisé - de manquer aux engagements pris dans le cadre de l’accord sus-cité. L’Etat sénégalais, comme à son habitude, fonctionne masqué, et surtout dans ce genre d’affaires, car Deby est capable de réclamer haut et fort bien d’autres choses et à d’autres personnes que les magistrats des Chambres africaines extraordinaires. Ainsi donc, des raisons inavouables expliquent les décisions, les actes, les comportements et les attitudes étranges qui administrent l’affaire Hissein Habré.

Mais, dans ce récent rebondissement qui vérole cette affaire et en agissant comme ils l’ont fait, les deux Etats semblent avoir omis de tenir compte du poids du troisième larron du complot, c’est-à-dire, le groupe occidental : France, Belgique, Pays-Bas, USA et autres, lesquels, sentant le mauvais tournant que prend le dossier, ont promptement et fermement réagi à travers un porte-parole officieux omniprésent dans le suivi, voire le contrôle de l’évolution du dossier. Il s’agit d’un certain Reed Brody portant un masque HRW, une de ces ONG dites de défense droits de l’homme. Selon lui, la décision de Ndjamena est sans importance, qu’il garde Saleh Younous et Mahamat Djibrine et/ou d’autres n’est pas l’essentiel, l’objectif étant le jugement de Hissein Habré. Donc, assène-t-il, "les Chambres africaines extraordinaires vont continuer leur travail. Une Ordonnance de renvoi sera certainement rendue". Ainsi, Reed brody a décidé de ce que lesdites chambres vont faire. Du reste, ce n’est pas sa première réaction du genre. En effet, suite à l’Arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO interdisant à l’Etat du Sénégal de poursuivre en justice l’ancien Président tchadien pour défaut de légalité, le sieur Brody a prédit qu’une alternative sera trouvée, en précisant que de chambres à caractère international seront créées au sein des juridictions sénégalaises. Plus tard, naîtront "les Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises". En réalité, la façon de travailler des magistrats, en mission commandée, desdites Chambres, les relations aussi spécieuses qu’étonnantes qu’ils entretiennent avec le commando d’"experts" et de "spécialistes" occidentaux, permettent d’affirmer que le susnommé Brody sait de quoi il parle. En effet, force est de reconnaitre que les membres de ce "commando" jouent les premiers rôles dans les activités des Chambres, du déroulement de ce qu’on qualifie, toute honte bue, de "l’étape d’instruction".

Pour les commanditaires et les exécutants du complot, le droit, la justice, l’éthique et la morale n’ont pas de place dans l’expédition punitive dirigée contre l’ancien Président tchadien. Seul, à leurs yeux, le résultat compte. Mais, tout complot porte en lui le revers de fortune.
La Rédaction.