AFFAIRE HABRE ET AFFAIRE DU JOOLA

Le Président de l’Association des familles des 2000 victimes du naufrage du bateau « le JOOLA », Aboubacar BA a dénoncé l’attitude du pouvoir de Macky Sall qui s’est mobilisé, a mobilisé la justice sénégalaise, a mobilisé des milliards pour juger Hissein HABRE, alors qu’il refuse de juger les responsables de la plus grande catastrophe maritime de l’humanité, de demander des comptes à des personnes qui ont causé la mort de plus de 2000 sénégalais. Comment peut –on accepter et justifier une pareille chose, s’est-il écrié, lors d’une émission de radio, à l’occasion du 12ième anniversaire du naufrage ?

Commentaire

Une pareille folie a été rendue possible par un pouvoir résolument engagé à plaire à l’étranger avant tout, un pouvoir qui estime qu’il doit son pouvoir à des soutiens étrangers et non pas aux votes des électeurs. Dés son arrivée, les premiers actes ont été, de satisfaire la France à travers le lancement de l’affaire HABRE, l’annulation de la fermeture de la base militaire française décidée par Wade. Puis, par l’octroi toujours à la France de terres autour du parc de Hann, refusé par Wade, ensuite, par l’attribution à Bolloré d’une partie du Port de Dakar alors qu’il l’avait perdu au profit de Dubai. Par aussi l’acceptation du pouvoir de Macky Sall du démantèlement de la Sonatel aux termes de la concession en 2017.

Toujours par rapport à sa soumission à l’Etranger, la position du pouvoir de Macky Sall sur la question de l’homosexualité est très révélatrice. Astucieusement, on a fait des textes bidon qui pénalisent l’homosexualité mais en veillant précisément à ce qu’ils ne soient jamais appliqués. Résultat : tous les homos emprisonnés ont été libérés en manoeuvrant sur les grâces et des instructions ont été données, de sorte que les homos pris en flagrant délit soient relâchés automatiquement.

L’affaire du JOOLA mettait la classe politique face à ses propres turpitudes, face à ses abus de pouvoir, face aussi à sa mal gouvernance. Entretenir la fiction d’une classe politique responsable est l’objectif premier des gouvernants sénégalais. Et le Président de l’association des 2000 familles des victimes aura beau s’époumoner, il ne trouvera pas les médias pour porter son cri d’indignation, ni des membres de la société civile, encore moins les ONG « des droits de l’homme », qui, comme chacun aura remarqué n’ont même pas participé ni organisé aucune manifestation pour la commémoration de la plus grande catastrophe de l’humanité.

Aucune voix n’a dénoncé l’impunité voire l’immunité que s’est octroyé la classe politique. Les médias sont, en parfaite connivence avec les hommes politiques pour organiser l’oubli et assurer une impunité totale aux responsables tout comme ils accompagnent, aujourd’hui, à coups de millions du consortium et de la cellule de communication des Chambres Africaines, le régime de Macky Sall dans l’affaire Habré.

Chacun aura relevé que le poids du seul Président HABRE est plus important que la vie de plus de 2000 personnes qui ont perdu la vie dans les eaux de l’Océan Atlantique, pour le régime de Macky SALL, puisqu’il les a ignorés quand il s’est agi de leur rendre justice.

Les familles des 2000 sénégalais morts dans le naufrage, n’ont pas de milliards a distribué aux médias, aux hommes politiques, aux ONG, ils n’ont que leur détresse et leurs larmes qui les laissent indifférents. Quelqu’un faisait remarquer ces jours-ci, que dans tous les pays du monde, la commémoration d’une catastrophe entrainait la mise en berne du drapeau national, cela n’a jamais été le cas au Sénégal où s’est produit la plus grande catastrophe maritime de l’humanité et où, bien au contraire, tous les acteurs de la vie politique se sont donnés le mot pour organiser l’oubli et refuser de lever la tête pour regarder le miroir du Sénégal. Ce déni de leurs propres fautes, cette politique de l’autruche dans l’affaire du Joola expliquent certainement l’engagement fou du pouvoir politique, des médias, des ONG, certes avec à la clé des milliards, dans l’affaire Habré, pour faire oublier les 2000 sénégalais englouties dans les eaux profondes de l’Océan Atlantique, dans des conditions atroces. Qui disait que la démocratie sénégalaise était malade de ses élites ? Qui parlait aussi du naufrage de l’Etat de Droit au Sénégal ?

La Rédaction